recette far breton

đź“‹ En bref

  • â–¸ Le far breton, dessert traditionnel breton, a Ă©voluĂ© d'un plat paysan Ă  une spĂ©cialitĂ© rĂ©gionale au XIXe siècle avec l'ajout de sucre et de pruneaux. Il se prĂ©pare avec un mĂ©lange Ă©quilibrĂ© de lait, farine, Ĺ“ufs et sucre, souvent accompagnĂ© de pruneaux d'Agen. Aujourd'hui, il est promu comme un incontournable des sĂ©jours en Bretagne.

Recette Far Breton : Le Dessert Traditions de Bretagne #

Histoire et origines du far breton #

Le far breton appartient à la grande famille des fars, terme issu du latin far, farris qui désigne la farine de céréales. En Bretagne historique, dès le Moyen Âge, on préparait des fars salés à base de farine de sarrasin, d’œufs et de lait, cuits soit à la marmite, soit au four, pour nourrir les paysans sur les fermes du Léon ou du Trégor. Le far sucré, tel que nous le connaissons aujourd’hui, s’est imposé plus tard, lorsque le sucre de betterave s’est démocratisé en France au courant du XIXᵉ siècle.

Le far cuit au four, appelé en breton farz forn ?, devient progressivement un dessert dominical, surtout dans les campagnes autour de Lorient ou de Vannes, Morbihan. À cette époque, il s’agit d’une préparation très simple, composée de lait entier cru, de farine de blé, d’œufs, de sucre et de beurre salé. L’ajout de pruneaux secs, importés massivement via les ports de l’Atlantique, apparaît à la fin du XIXᵉ siècle, au moment où les circuits commerciaux entre le port de Bordeaux, Nouvelle-Aquitaine, et la Bretagne se développent.

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  • Origine rurale : dessert de paysans, nourrissant et Ă©conomique.
  • Cuisson au four Ă  pain : cuisson lente dans la chaleur rĂ©siduelle, après le pain.
  • Sucre et pruneaux : arrivĂ©s tardivement, ils transforment un plat basique en dessert familial.

Au XXᵉ siècle, la professionnalisation de la pâtisserie régionale et l’essor du tourisme en Bretagne, notamment à partir des années 1960, contribuent à faire du far un produit identitaire, au même titre que les crêpes dentelles de Quimper ou le kouign-amann de Douarnenez. Aujourd’hui, les offices de tourisme comme Lorient Bretagne Sud Tourisme promeuvent le far aux pruneaux comme une spécialité incontournable des séjours en Bretagne.

Ingrédients essentiels pour un far breton réussi #

Un far breton convaincant repose sur un équilibre précis entre matière sèche (farine, sucre, fruits) et matière liquide (lait, œufs, alcool éventuel). Les proportions les plus stables, utilisées par de nombreuses maisons traditionnelles, tournent autour de 1 L de lait entier pour 240 à 250 g de farine et 180 à 250 g de sucre pour 6 à 8 personnes. Nous recommandons la base suivante, inspirée des recettes de pâtisseries bretonnes de Quimper et d’enseignes comme Le Kiosque Breton, épicerie fine bretonne :

  • 1 L de lait entier (lait cru ou microfiltrĂ©, 3,5 Ă  4,2 % de MG)
  • 240 Ă  250 g de farine de blĂ© T55 ou T65
  • 180 Ă  220 g de sucre blanc, selon votre goĂ»t
  • 4 Ă  5 Ĺ“ufs calibres L
  • 50 Ă  70 g de beurre demi-sel pour la pâte et le moule
  • 200 Ă  300 g de pruneaux dĂ©noyautĂ©s, de prĂ©fĂ©rence d’Agen, Lot-et-Garonne
  • 1 Ă  2 sachets de sucre vanillĂ© ou 1 gousse de vanille
  • 1 Ă  2 cuillères Ă  soupe de rhum ambrĂ© type Negrita (facultatif)

Nous insistons sur le choix du lait entier et du beurre demi-sel. L’utilisation de beurre breton, par exemple un beurre de La Maison Le Gall, laiterie de Quimper fondée en 1923, renforce nettement la signature aromatique du dessert. Les pruneaux d’Agen IGP, réhydratés dans un mélange d’eau chaude et de rhum, apportent une texture fondante et une note fruitée profonde.

Pour adapter la recette aux habitudes actuelles, plusieurs variantes restent cohérentes avec l’esprit du far :

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  • Remplacement partiel du sucre par du sucre roux pour une croĂ»te plus caramĂ©lisĂ©e.
  • Ajout de fruits frais (pommes de variĂ©tĂ© Reine des Reinettes, poires) en complĂ©ment ou en remplacement des pruneaux.
  • Version sans alcool en rĂ©hydratant les pruneaux uniquement dans de l’eau chaude ou un thĂ© noir corsĂ©.

Étapes de préparation d’un far breton traditionnel #

Pour un far régulier, sans grumeaux, et une texture homogène, nous conseillons de respecter un ordre précis dans le mélange des ingrédients, conforme à ce que pratiquent de nombreux artisans en Finistère. L’idéal est d’utiliser un plat en céramique épaisse ou en fonte émaillée, d’environ 30 x 22 cm pour 1 L de lait, ce qui donnera une épaisseur de 2 à 3 cm.

  • Étape 1 – PrĂ©paration des pruneaux : faites tremper 200 Ă  300 g de pruneaux dĂ©noyautĂ©s pendant 1 heure dans de l’eau chaude, ou dans un mĂ©lange eau + rhum ambrĂ© (rapport 3:1), puis Ă©gouttez-les.
  • Étape 2 – PrĂ©paration du lait : faites tiĂ©dir le lait entier Ă  environ 35–40 ?C. Un lait lĂ©gèrement chaud facilite l’homogĂ©nĂ©isation de la pâte.
  • Étape 3 – Appareil Ă  far : dans un grand saladier, mĂ©langez farine, sucre, sucre vanillĂ© et une pincĂ©e de sel. Ajoutez les Ĺ“ufs un Ă  un, en fouettant, jusqu’à obtenir une pâte Ă©paisse et lisse.
  • Étape 4 – DĂ©tente de la pâte : versez le lait tiède en 3 Ă  4 fois, en fouettant pour Ă©viter les grumeaux. Incorporez ensuite le beurre demi-sel fondu et, si vous le souhaitez, le rhum restant.
  • Étape 5 – PrĂ©paration du moule : prĂ©chauffez le four Ă  190–200 ?C chaleur statique, enfournez le moule vide, puis, après 5 Ă  10 minutes, sortez-le pour le beurrer gĂ©nĂ©reusement avec du beurre demi-sel.
  • Étape 6 – Mise en place : versez la pâte dans le moule chaud beurrĂ©. RĂ©partissez les pruneaux sur toute la surface, ils s’enfonceront lĂ©gèrement.
  • Étape 7 – Cuisson : enfournez pour 45 Ă  60 minutes, selon l’épaisseur de votre far, jusqu’à ce que la surface soit dorĂ©e et que le cĹ“ur soit pris.

Nous vous conseillons de laisser reposer la pâte 15 à 20 minutes à température ambiante avant d’enfourner. Ce court repos favorise une hydratation homogène de la farine, ce qui se traduit par une texture plus fondante et une meilleure tenue à la découpe. Plusieurs pâtissiers, notamment en Côtes-d’Armor, appliquent ce temps de repos systématiquement pour obtenir une structure plus régulière.

Astuces de cuisson pour un far breton parfait #

La réussite d’un far se joue en grande partie au moment de la cuisson. Nous constatons, en observant les recettes de cuisiniers comme François-Régis Gaudry, journaliste gastronomique, que deux points clé reviennent : la gestion de la température du four et la maîtrise de l’épaisseur de l’appareil. Un far trop épais aura tendance à rester tremblotant au centre, tandis qu’un far trop mince risque de sécher rapidement.

  • TempĂ©rature de dĂ©part Ă©levĂ©e : dĂ©buter Ă  200 ?C pendant 10 Ă  15 minutes permet de saisir ? le far, d’aider Ă  la formation d’une croĂ»te et Ă  un lĂ©ger gonflement.
  • Phase de cuisson Ă  tempĂ©rature rĂ©duite : poursuivre ensuite Ă  170–180 ?C pendant 30 Ă  40 minutes, le temps que l’appareil cuise Ă  cĹ“ur sans brĂ»ler la surface.
  • ContrĂ´le visuel : la surface doit ĂŞtre dorĂ©e, lĂ©gèrement boursouflĂ©e par endroits, avec des bords brunis mais non noircis.

Un bon indicateur de cuisson reste la lame de couteau ou la pointe de couteau : elle doit ressortir humide mais propre, sans trace de pâte liquide. Certains professionnels de la restauration en Bretagne Sud laissent ensuite le far dans le four éteint, porte entrouverte, pendant 20 à 30 minutes, ce qui permet de finir la cuisson par inertie thermique, sans risque de surcuisson. Nous recommandons vivement cette méthode, qui donne un résultat stable et homogène.

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Pour le démoulage, il est préférable d’attendre au minimum 1 heure de repos. Le far se resserre en refroidissant et se tient mieux. Les versions les plus concurrentielles, comme celles de concours locaux de far à Hennebont, Morbihan, sont généralement démoulées à froid, puis découpées en rectangles réguliers de 6 x 8 cm.

Dégustation et présentation du far breton #

Un far breton se déguste traditionnellement à température ambiante, parfois légèrement tiède. Nous observons cependant trois grands modes de service dans les restaurants et crêperies bretonnes :

  • Service tiède : 20 Ă  30 minutes après la sortie du four, la texture reste encore souple, le cĹ“ur lĂ©gèrement tremblotant, parfait pour un dessert rĂ©confortant.
  • Service Ă  tempĂ©rature ambiante : après au moins 2 heures de repos, la dĂ©coupe est nette, les pruneaux bien intĂ©grĂ©s, idĂ©al pour un service en buffet ou un goĂ»ter.
  • Service froid : après passage au rĂ©frigĂ©rateur (4 ?C) pendant une nuit, la texture devient plus dense, intĂ©ressante pour un transport ou une vente Ă  emporter.

Nous trouvons particulièrement harmonieux d’associer le far à :

  • Un cidre brut AOP Cornouaille, dont l’aciditĂ© lĂ©gère Ă©quilibre la richesse du beurre.
  • Une crème anglaise maison, peu sucrĂ©e, qui renforce le cĂ´tĂ© flan du far.
  • Une boule de glace vanille Bourbon ou caramel au beurre salĂ©, pour jouer le contraste chaud/froid.

Pour les présentations plus soignées, que l’on retrouve dans certains restaurants gastronomiques de Saint-Malo, Ille-et-Vilaine, le far est parfois coupé en pavés, légèrement caramélisés au chalumeau en surface, puis servi avec un coulis de pruneaux ou une compotée de pommes flambées au Calvados. Nous apprécions ces interprétations modernes, dès lors qu’elles respectent la base traditionnelle de l’appareil.

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Variantes régionales et alternatives créatives #

Si la version aux pruneaux reste la plus connue, plusieurs déclinaisons se sont développées à travers la Bretagne et même au-delà. Dans certains villages du Centre Bretagne, on prépare un far nature ?, sans fruits, proche de la recette primée par certaines championnes de far recensées par des médias culinaires comme Le Gourmeur. D’autres zones, notamment autour de Saint-Brieuc, privilégient un far agrémenté de raisins secs marinés au rhum.

  • Far nature : uniquement lait, Ĺ“ufs, farine, sucre et beurre salĂ©. La texture rappelle un flan corsĂ©, la saveur du beurre y est dominante.
  • Far aux pommes : fines lamelles de pommes sautĂ©es au beurre et au sucre, disposĂ©es au fond du plat avant de verser l’appareil.
  • Far aux fruits de saison : cerises noires, abricots ou poires, dans un esprit proche d’un clafoutis, mais avec l’épaisseur caractĂ©ristique du far.

Pour les personnes souhaitant ajuster le dessert à certaines contraintes alimentaires, plusieurs adaptations sont possibles, tout en conservant l’esprit du far :

  • Version rĂ©duite en sucre : passer de 220 g Ă  150 g de sucre pour 1 L de lait, ce qui reste largement suffisant pour la majoritĂ© des palais actuels.
  • Version sans lactose : utilisation d’un lait entier sans lactose ou d’une boisson vĂ©gĂ©tale enrichie en matières grasses (boisson d’avoine barista ?), parfois combinĂ©e avec une petite quantitĂ© de crème vĂ©gĂ©tale.
  • Version sans gluten : remplacement de la farine de blĂ© par un mĂ©lange farine de riz + fĂ©cule de maĂŻs, en gardant le mĂŞme poids total.

Nous estimons que le far supporte bien ces ajustements, à condition de garder une structure riche en œufs et un taux de matière grasse suffisant. Un manque de lipides conduit rapidement à une texture sèche et cartonneuse ?. Sur ce point, nous préférons des recettes contenant au minimum 50 g de beurre pour 1 L de lait, ce qui correspond au standard des pâtisseries traditionnelles bretonnes.

Le far breton dans la culture bretonne #

Le far breton occupe une place singulière dans la culture culinaire régionale. À l’image du kouign-amann ou de la galette de blé noir, il symbolise une cuisine paysanne, généreuse, centrée sur des produits simples. De nombreuses fêtes locales, comme les pardons et fest-noz organisés en Cornouaille ou en Pays Bigouden, proposent du far en vente à la part, souvent préparé par des associations locales ou des boulangers partenaires.

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  • PrĂ©sence dans les fĂŞtes : kermesses scolaires, fĂŞtes de village, pardons religieux.
  • Transmission familiale : recettes de grands-mères, cahiers de cuisine manuscrits.
  • Valorisation touristique : mise en avant par les offices de tourisme bretons depuis les annĂ©es 1990.

Plusieurs concours locaux ou événements médiatisés, relayés par des médias régionaux comme France 3 Bretagne ou des sites spécialisés en gastronomie bretonne, mettent en lumière des championnes du far ?, souvent des cuisinières amateurs qui perpétuent une recette familiale. En 2020 et 2021, certains concours ont rassemblé des dizaines de participants, avec des jurys composés de chefs de crêperies et de représentants d’organisations comme Produit en Bretagne.

Nous considérons que ce dessert a un rôle identitaire fort : il relie la Bretagne rurale d’hier à une Bretagne contemporaine, ouverte sur le tourisme et la gastronomie, sans céder à la sophistication excessive. Le far reste un dessert du quotidien, accessible, qui se prépare aussi bien pour un mercredi après-midi en famille que pour un repas dominical. Sa longévité dans les foyers, alors que d’autres desserts régionaux ont disparu ou se sont raréfiés, montre son ancrage solide dans les habitudes alimentaires bretonnes.

Conclusion : savourez votre far breton ! #

Le far breton réunit en une seule préparation tout ce que nous apprécions dans la cuisine régionale : une liste d’ingrédients courte, des produits laitiers de qualité, une cuisson maîtrisée et une texture généreuse. En choisissant un bon lait entier, un beurre demi-sel breton et des pruneaux bien charnus, vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir un résultat proche des meilleurs fours de Bretagne.

  • Misez sur la qualitĂ© du lait et du beurre.
  • Respectez un temps de cuisson suffisant avec une phase de cuisson douce.
  • Laissez au far le temps de refroidir et de se structurer avant de le dĂ©couper.

Nous vous encourageons à adapter progressivement les proportions de sucre, de beurre ou de fruits à votre goût, tout en conservant la base technique que nous avons détaillée. Une fois cette base maîtrisée, vous pourrez décliner votre far aux pommes de saison, aux abricots d’Occitanie ou en version nature ultra beurrée, pour coller à vos envies et aux occasions. Ce dessert, profondément lié aux terroirs bretons, mérite qu’on le cuisine souvent, ne serait-ce que pour le plaisir de sentir, à la sortie du four, ce parfum de lait cuit et de beurre salé qui évoque instantanément une cuisine de maison en Bretagne.

đź”§ Ressources Pratiques et Outils #

📍 Concours du Meilleur Far Breton Amateur

Participez au concours gratuit pour les candidats amateurs lors du Salon international du Chocolat & Pâtisserie de Vannes. Pour plus d’informations, visitez le site officiel : Salon du Chocolat.

🛠️ Outils et Calculateurs

Aucun outil ou logiciel spĂ©cifique au far breton n’a Ă©tĂ© identifiĂ© dans les donnĂ©es. Cependant, pour des recettes et des conseils de pâtisserie, vous pouvez consulter des sites comme Andros pour des ingrĂ©dients de qualitĂ©.

👥 Communauté et Experts

Pour des conseils et des Ă©changes autour de la pâtisserie, vous pouvez vous tourner vers des Ă©vĂ©nements comme le Salon international du Chocolat & Pâtisserie de Vannes. Contactez l’organisation Carpentier Events pour plus d’informations Ă  travers leur site : Salon du Chocolat.

💡 Résumé en 2 lignes :
Participez au concours du meilleur far breton amateur au Salon international du Chocolat & Pâtisserie de Vannes. Profitez d’une plateforme pour Ă©changer avec des passionnĂ©s de pâtisserie et dĂ©couvrir des ingrĂ©dients de qualitĂ©.

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